mardi 15 avril 2008

Mardi 15: Enfin le temps de vous écrire

Aujourd'hui, c'est relâche ou presque: nous sommes allés pêcher pour la troisième et normalement dernière fois. Ce n'était plus dans le même bateau qu'auparavant, mais dans un plus petit, nettement moins bien équipé (maintenant je sais que remonter plus de 300m de corde depuis le fond de la mer, à la force des bras, c'est crevant!), mais néanmoins bien sympathique. Au retour, nous sommes resté à l'appartement pour réfléchire aux manipulations du reste de la semaine...

Mais commencons par le commencement:

Samedi, nous avons continué nos mesures de pharmaco, tout en étant perplexes quant aux résultats obtenu. Mais comme la réponse de luminosité des morceaux de peau d'Etmo est très variable en fonction des individus, nous nous sommes dit qu'il fallait un certain nombre d'individu pour avoir une bonne estimation statistique. Comme le prof rentrait en Belgique le dimanche matin très tôt, nous nous sommes dépéchés de faire un max de requins et d'encoder les données en même temps pour pouvoir analyser les pré-résultats avec le prof.
Problème: les résultats n'était pas du tout probants, et surtout nous donnaient presque toujours le même pattern de courbe, quelque soit le produit ou la concentration utilisée (a quelques exceptions près). Cela signifiait que les données récoltées lors trois journées de malade passées à bosser pendant 13 à 14h d'affilées ne voulaient plus rien dire... Tout du moins tant que nous n'avions pas prouver qu'aucune de nos techniques ne pouvaient être mises en cause (la manipulation des tissus, notre solution d'eau de mer artificielle spéciale pour les requins, ...). Le brainstorming s'est terminée à 1h30, et nous sommes tous partis essayé de dormir malgré la pression qu'a engendré nos résultats foireux.

Dimanche (ben oui, ya pas de weekend qui comptent pour les biologistes sur le terrain) nous avons essayé de trouver la source de notre problème: test du pH de notre saline, test de l'impact de l'injection d'un produit dans la chambre contenant le tissus, etc. Bien que le pH de notre saline était correcte (ce qui nous semblait être la cause la plus probante d'erreures) , il semblerait que notre technique de manipulation soit la cause d'artéfacts.
Content d'avoir trouvé la raison de nos réponses inattendues, nous avons vite déchanté quand nous avons réalisé que toutes nos précédentes manipulations étaient à mettres à la poubelle!
Pour rattraper le coup, nous avons complètement abandoné les manip' initiales (nos sujets de mémoire) pour finalement lancer une nouvelle série d'expériences, avec d'autres produits auquel le tissus devrait réagire. Entré à 8h30 au labo, nous n'en sommes ressorti qu'à 4h!!!
Et que fait un vrai Belge quand il a besoin de décompresser? Il boit une bonne (?!? Heu... pas vraiment) bierre. Ca nous a fait rire de nous dire que d'habitude, les bierres qu'on boit si tard dans la nuit, c'est en guindaille et pas en récompense d'une loooooooooooooongue journée de travail.

Lundi, donc hier, nous nous sommes levé tard (10h30), dans le but de ne faire qu'un seul requin, mais à fond... Sauf que pour égailler cette journée déjà riche en manipulations diverses, tout les requins qui survivaient la veille ont décidé de mourire ce jour, nous obligeant à bosser jusqu'à 3h du mat'... En fait, nous avons effectué les dernier relevés possibles sur le dernier individu vivant, puis nous avons mesuré, pesé, pris note de différentes caractéristiques morphologique, disséqués et prélevé des tissus de ses congénères décédés. Trifouiller dans des tripoux de cadavres quand on a qu'une envie (DORMIR!), c'est pas drôle!
Et l'aventure continue avec...

Aujourd'hui, la troisième (et normalement dernière) sortie en mer du séjour. Pas de grand bateau, pas de treuil pour nous aider à remonter la longue-ligne, pas de corde suffisement longue pour amener la longue-ligne au fond,... Bref, des conditions pas vraiment optimales. Si ce n'est le temps: un superbe ciel dégagé, un grand soleil qui illumine d'une lumière presque "artificielle" des paysages magnifiques.
Mais avant de pouvoir profiter de la petite balade en mer, il a fallu préparer la ligne, en accrochant les appâts (des tronçons de sardines) aux ameçons. A 8h du mat', quand on a dormi que 2h (levé très tôt pour prendre le bus), c'est rude. la mise à l'eau de la ligne à été assez archaïque, et nous sommes tous retourné dans la petite cabine pour patienter (en dormant!) l'1h30 d'attente avant de la remonter du fond.
Au finale, cette pêche de bric et de broc a été presque miraculeuse! 22 requins pêchés (dont 5 n'ont malheureusment pas survécus), peu de requins abîmés par des myxines, quelques requins d'une autre espèce qu'on à relâché,.... On a fait bien attention à stresser nos bestiaux le moins possibles, et on les a amené tout en douceur vers leur nouvelle maison: notre cuve de 1000 litres.
Et là, un magnifique spectacle s'est offert à nous: tout les requins émettaient de la lumière! Voir ces bestioles bien sympathiques nager dans tout les sens avec le ventre bleu lumineux, ça m'a vraiment rebooster dans l'envie d'en connaître un peu plus sur eux.
En fin d'après-midi, nous sommes rentré à l'appart pour mettre au point un nouveau protocole pour les jours à venirs et pour encoder les données déjà obtenues.

PS: pour ceux qui ne sont pas familiarisé avec l'utilisation des luminomètres, la chambre, c'est une petite pastille de verre, avec un creux au milieux, et dans laquelle on place un morceau de tissus (pour nous: de la peau provenant de régions lumineuses). Le lumino va enregistré la quantité de lumière émise par le morceau de tissus placé dans la chambre.

PPS: j'aurai pu mettre des photos d'aujourd'hui dans ce texte, mais j'ai trop la flemme pour ça. Si vous boulez les voir, c'est ici: http://picasaweb.google.fr/l.berten/NorvGe150408
De plus, je me rends compte que des photos de gros plans de muscles de mâchoire de requin, ce n'est pas forcément ce qui vous intéresse, donc dorénavant je ne metterai plus que les photos "jolies", et plus les "utiles" ;-)

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