Lundi matin, j'ai eu une réunion avec David, mon co-superviseur de thèse, pour planifier les trois mois de recherche. Jusqu'à lundi prochain, le programme est assez cool, je dois apprendre à déterminer les larves (on a un nouvel arrivage tout les matin), vérifier que le matériel fonctionne bien, et effectuer les pré-réglages. Dès la semaine prochaine, je commencerai véritablement les enregistrements sonores, à différents endroits (dans la passe, sur le récif frangeant, sur le récif barrière, dans le chenal, sur la pente externe,.. de jour et de nuit). Ensuite, début février, c'est le début des hostilités, puisque Craig et Stephen arrivent. Ces deux scientifiques sont calés dans le domaine des sons marins, et j'ai la chance de les avoir "à mon service" pendant deux petites semaines. J'aurai aussi l'aide d'un mémorant (Mr Bonhomme, ça me fait beaucoup rire, mais c'est son vrai nom!), qui effectuera une partie des expériences que j'intégrerai dans ma thèse.
L'après midi, j'ai eu l'occasion d'aller poser le filet de crête. Il s'agit d'un dispositif que l'on place sur la crête récifale, et qui permet de récolter les larves de poisson qui colonisent passivement le récif. Globalement, l'eau rentre dans le récif à chaque vague au niveau de la crête, et quitte le récif au niveau de la passe, en empruntant le chenal. Les larves, bien que capables de se déplacer sur de longues distances en nageant, entre dans le récif passivement, en se laisser porter par les vagues. C'est là qu'elles se font prendre au piège par notre filet de crête.
cette explication.
Le filet est posé tout les soirs, et relevé tout les matins. Lundi aprèm, je suis donc allée poser le filet avec David et Renée, ma compagne de dortoir. Ensuite, comme David avait besoin de pêcher quelques poissons, j'ai effectué ma première plongée en snorkeling (c'est à dire sans matériel lourd, juste palme + masque + tuba). C'était magnifique! Tout est vrai, on ne nous ment pas: l'eau est vraiment turquoise, les poissons vraiment colorés et pas farouches, le corail vraiment multicolore! Je me suis vite habituée à respirer avec le tuba, par contre je me suis à moitié étranglée à l'eau de mer en essayant la technique "je plonge sous l'eau, mon tuba se remplit, et je souffle un bon coup lorsque je suis à la surface pour le vider". Ça semble tout bête comme ça, mais moi qui ai toujours eu l'habitude de gérer mon souffle comme je voulais, je n'ai pas garder assez d'air pour vider mon tuba la première fois. Pas d'affolement, on était dans mois d'1m20 de profondeur, je m'en suis juste sortie en recrachant une grosse gorgée d'eau salée...
Hier (mardi), rien de bien folichon, malgré un début de journée prometteur avec un grand soleil, il a plut presque toute la journée. La seule petite "aventure" à été d'aller chercher de l'eau à la source. L'eau du robinet n'étant pas des plus clean (il suffit d'en voir la couleur lorsqu'il pleut), on va remplir de grosses bombonnes de fontaine à eau à la source. Moi je m'attendais à une belle chute d'eau, un truc
paradisiaque dans un paysage paradisiaque. Ben en fait non, c'est juste un petit ruisseau qui coule, avec deux gros robinet qui permettent de récolter facilement de l'eau. En fait, ce qui est le plus typique à cette "source", ce sont les nombreuses camionnettes de locaux, qui viennent remplir des dizaines et des dizaines de bouteilles d'1,5L... Sachant qu'ils les rincent toutes avant de les remplir, que si le robinet est à pression maximale ça éclabousse plus que ça ne remplit les bouteilles, il faut souvent d'armer de patience. Heureusement, quand j'y suis allée avec Martin (l'autre Belge de la station), il commençait à
faire nuit, il n'y avait qu'une camionnette, qui avait presque fini.
Aujourd'hui (mercredi), niveau boulot j'ai effectuer les réglages du DSG, un hydrophone que l'on peut programmer pour enregistrer x minutes tout les y temps. C'est très utile pour observer l'évolution de l'environnement sonor sur une journée, on place le DSG dans l'eau le matin, en le programmant pour qu'il enregistre 5min toutes les heures, et on le récupère le soir, avec toutes les bandes sons. Demain matin, je vais partir avec l'équipe qui relève le filet de crête pour placer l'hydrophone sur la crête récifale.
Niveau vie de tout les jours, j'ai accompagné Nataelle pour faire les 1/2 semaine de nourriture pour 10 personnes, de un c'est lourd et volumineux, de deux ça coûte un max! Heureusement que mes frais de
vie courante sont pris en compte par le per diem accordé par l'IRD! Pour avoir une petite idée, il faut compter +/- 500 francs polynésien par repas. Le taux de change avec l'euro est fixe, et est d'environ
120fp/1€. Ça nous fais quand même 8€ de nourriture par jour, pour ne manger que des produits blancs les moins chers! Mais bon, je ne me plains pas, chacun essaye de cuisiner de bons petits plats malgré un garde manger pas toujours glorieux (on cuisine par deux pour toute l'équipe, à tour de rôle).
Voilà, c'est à peu près tout pour mes premiers jours ici.
Et en ce qui concerne mon précédent poste, non, je n'ai toujours pas fais ami-ami avec les sales bêtes, elles continuent à me prendre pour leur garde-manger. J'ai changé d'anti-moustique, je porte en quasi-continuité un pantalon, je veille à ce que ma moustiquaire soit bien "étanche", ... On verra dans quelques jours si ça porte ses fruit (là, j'ai tellement de piqûre, que je ne sais pas dire si je me fais encore piquée ou non). Mais je crois que je vais tenter le conseil de Tonton Baroudeur, et avaler 5 grains de poivre par jour pour changer mon odeur corporelle (le conseille existe aussi avec des gousses d'ail, mais bizarrement, je passe mon tour!).
Et histoire de paniquer un peu ma petite maman, il y a eu plusieurs cas de dengue récemment (en fait, presque tout le monde l'a chopée)... Il semblerait que je ne vais pas y échapper, d'après les pronostiques des habitués de la station...
Et puis histoire de paniquer un peu plus ma petite maman, on annonce une sévère dépression sur Tahiti-Moorée pour la fin de semaine, avec vents violents (110km/h) et houle pouvant atteindre les 5m... j'ai hâte de voir ce que ça peut donner, en tout cas les habitués prennent ça très au sérieux!
Pas de photos pour illustrer ce texte, je n'en ai pas prise depuis dimanche

7 commentaires:
oulah ! 11 km/h? Attention Leati, ça fait au moins 2 beauforts ça ! (les bretons appellent ça une "brise légère", je ne crois pas que tu vas t'envoler :D !) aaaah ta description du snorkeling me fait trop rêver ! Dis dis, un jour je pourrai venir te dire bjr là bas ??(j'amène mon matos et je t'initie à la plongée gratos :D !!)
Oui, effectivement 11km/h c'est pas énorme... Sauf si tu concidère que j'ai oublié le 0 de la fin! J'ai corrigé dans le texte, c'est bien des vents de plus de 110km/h qui nous attendent, et la localisation de la station (entre 3 montagnes) fait qu'elle est particulièrement soumise aux intempéries. On verra ce que ça va donner, c'est supposer nous tomber dessus ce soir ou demain.
Bouffe des gousses d'ail, fifille, après 12, les maringouins iront piquer ta voisine. Plus de mosquitos, plus de copines non plus, la paix en somme. Elle est pas belle, la soluce?
Salut Leati, ouais bonne idée les gousses d'ail ;-) et le poivre aussi !
Personnellement, j'avais jamais entendu parler de la méthode... Mais, il existe un antimoustique (chinois?) en spirale que l'on allume la nuit et qui marche pas mal.
Sinon, Continue ton blog, ici, il fait polaire...
Bisous Jim
Effectivement, il existe des tortillons à brûler. On en utilise à la station, mais je suis assez mitigée sur l'efficacité. L'effet répulsion est dû à la fumée qui s'en dégage... Mais dormir dans une chambre à l'atmosphère bleue, non merci! Je ne suis pas un jambon à fumer ;-)
Mais c'est vrai que c'est un peu efficace lorsqu'on travaille dehors, où lorsqu'on mange dans le réfectoire, mais pour la chambre, j'ai testé une fois, je en retenterai pas.
je me disais aussi!!
Bon soyons positifs, avec un tel vent, c'est les moustiques qui vont morfler ;-)
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